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Filière ovine/caprine




La Corse, autrefois nommée "Île des bergers", demeure l’héritière d’une forte tradition d’élevage de brebis et de chèvres de race corse à vocation laitière. Cet héritage s’explique par le caractère montagneux de l’île : l’élevage de petits ruminants étant l’une des meilleures façons de valoriser le territoire.
 
Le pâturage étant la base de l’alimentation des troupeaux insulaires, la richesse floristique de l’île, la diversité des territoires et du couvert végétal renforcée par la pratique de la transhumance (changement d’altitude) confèrent au lait corse des qualités organoleptiques spécifiques.
Ces pratiques d’élevage associées à des races autochtones et à un savoir-faire ancestral donnent aux fromages corses une typicité unique dans tout le bassin méditerranéen. À vocation laitière, les races ovines et caprines corses sont rustiques et adaptées aux conditions difficiles du relief corse.
 
La race caprine corse A Capra corsa
La chèvre corse se caractérise par sa rusticité, ses facultés d’adaptation au climat et à l’environnement insulaires et son aptitude à valoriser le maquis. Sa robe à poils longs la protège des épineux tandis que ses membres robustes et ses sabots puissants lui permettent d’évoluer aisément sur les parcours difficiles.
Race officiellement reconnue en 2003
 
La race OVINE corse  A Pecura corsa
La brebis corse fait partie de la famille des races jarreuses méditerranéennes.
Sa laine la recouvre en longues mèches, ce qui permet aux troupeaux d’évoluer en plein air toute l’année. Ses membres sont remarquablement fins et adaptés à de longs déplacements sur des zones difficiles et accidentées.
Race officiellement reconnue en 1987
 

Etat des lieux

La filière ovine régionale compte 579 exploitations en 2020, dont 77 mixtes, pour environ 85 000 brebis laitières. Actuellement, environ 9 à 10 millions de litres de lait sont produits chaque année, dont 7 à 8 millions livrés aux laiteries industrielles et 2 millions transformés à la ferme. La moyenne d’âge des producteurs se situe autour de 46 ans.
Globalement, on observe une faible productivité laitière par animal. Plus de 56% des éleveurs détiennent des troupeaux dont la moyenne de production annuelle par brebis est inférieure à 100 litres ; pour 24% des éleveurs, elle est inférieure à 70 litres. Cette moyenne est supérieure à 140 litres pour les élevages suivis en Contrôle Laitier Officiel (CLO).

Les élevages caprins insulaires sont constitués d’animaux de race locale et très rustiques, majoritairement conduits de façon extensive. Les troupeaux ont une taille moyenne supérieure à 120 têtes et les pratiques d’élevage reposent sur un savoir-faire ancestral.
La filière caprine insulaire compte environ 225 exploitations (dont 34 mixtes) et 32 000 chèvres. La production de lait annuelle est estimée à environ 4,6 millions de litres, dont près de 85% sont transformés à la ferme, et le reste, soit environ 15%, vendus aux laiteries.
En moyenne, sur 210 jours de traite, une chèvre corse produit environ 180 kg de lait.

Production laitière


Développement de la filière ovine

  • Combler le déficit laitier : en améliorant les performances des brebis (appui technique, CLO…) et en déployant une politique d’installation incitative
  • Stabiliser les exploitations existantes (augmentation du revenu, structuration…)
  • Mettre en place un signe officiel de qualité pour mieux valoriser les fromages et les agneaux
  • Améliorer la qualité du lait
  • Apporter un conseil technique aux transformateurs fromagers
  • En collaboration avec les GDSB, améliorer 
  • IGP agneau
  • AAP JUILLET 2022

Développement de la filière caprine

La filière caprine est une filière emblématique, aux carrefours de l’agriculture, de la culture, des traditions, des savoir-faire, du savoir-être. C’est un élevage adapté au relief et à la géographie de l’île, et qui répond parfaitement aux enjeux contemporains liés aux bouleversements climatiques, aux préoccupations environnementales et à la résilience alimentaire des territoires : parcours de montagne, maintien de la biodiversité, occupation des espaces non mécanisables et réduction de la pression incendies, relocalisation de la production alimentaire des espaces ruraux, forte adaptabilité aux aléas climatiques, rusticité, qualité des productions.
Pourtant, la filière connaît des difficultés structurelles et conjoncturelles : menaces sanitaires, faible productivité des troupeaux, problèmes d’éligibilité des surfaces, introduction de races exogènes…
Plusieurs axes de travail ont donc été mis en place pour accompagner les acteurs de la filière dans leurs démarches de structuration, et impulser une nouvelle dynamique, notamment en matière d’installation et de pérennisation des exploitations, d’amélioration des performances des troupeaux et de consolidation du revenu des éleveurs.

Le soutien humain

Deux emplois ont été créés au sein de l’ODARC, qui renoue ainsi avec sa vocation pastorale, afin d’assurer l’animation de la filière, le suivi du haras de boucs et l’accompagnement des éleveurs. Ces deux agents, Dolly-Laure Guidoni et Mathieu Mariani, pourront ainsi suivre les actions de terrain mises en place auprès des exploitants et accompagner les actions de R&D, de sélection et de multiplication au niveau de la filière.
Pour la pérennisation des exploitations, il semblait indispensable dans un premier temps d’analyser les problèmes de structuration des exploitations, des JA en particulier, en coopération avec la filière et les opérateurs techniques, sanitaires et scientifiques. La totalité des 200 exploitations installées en « race corse » seront ainsi analysées, afin de produire un diagnostic incluant l’identification des facteurs de blocage, des forces et des faiblesses, et la proposition de solutions techniques adaptées. Depuis mi-2019, la moitié des audits a déjà été réalisée. C’est aussi l’occasion pour l’ODARC de mener un recensement exhaustif des cheptels en race corse.

Le soutien financier

  • Augmentation du taux d’intervention au maximum des possibilités du PDRC pour la modernisation des exploitations caprines en race Corse : grâce à une disposition intégrée en 2018, les taux d’aide aux investissements réalisés par les agriculteurs développant principalement un élevage caprin en race Corse ont pu être relevés de + 10 % en zones défavorisées et de montagne, soit 60 % pour les producteurs ainés et 80 % pour les Jeunes agriculteurs. Cette mesure incitative doit permettre de structurer durablement et de moderniser les unités d’exploitations.
  • Augmentation des taux d’aide pour l’électrification des exploitations. Lors de la dernière demande de modification du PDRC, il a été intégré une augmentation de la participation financière aux investissements réalisés par les syndicats d’électrification départementaux qui est passée de 50 % à 80 % ce qui permet, en tenant compte des 15 % assumés par le syndicat d’électrification de ne laisser que 5% des investissements dédiés à charge de l’éleveur.

Le soutien technique

  • Mise en place d’un programme de maîtrise de la paratuberculose.
Cette pathologie pénalise fortement les élevages insulaires en entrainant une baisse de la production laitière et une mortalité importante. Un plan de maîtrise 2018-2022 d’un montant de 836 000€ a été voté par l’Assemblée de Corse le 20 Septembre 2018 et est opérationnel depuis le 1er Octobre 2018.
  • Mise en place d’un haras de boucs en race caprine Corse au pôle de compétences en élevage d’Altiani
Selon la volonté des professionnels, un haras de boucs a été mis en place. Le but étant de saturer les élevages en boucs de sélection choisis sur critères laitiers maternels et présentant des garanties sanitaires. Des contrôles de filiation sont également réalisés. Ils sont achetés par l’ODARC à l’âge de 4 mois (180€). Ils sont ensuite élevés au pôle de compétences en élevage d’Altiani durant plus d’un an. Durant cette année, des suivis de croissance (pesée mensuelle) et sanitaire stricts sont réalisés, permettant leur revente pour la saillie à l’âge d’un an et demi (180€ également).
Des travaux d’aménagement du bâtiment existant et de mise en valeur des espaces dédiés aux boucs ont donc été engagés sur la station de l’ODARC pour pouvoir conduire au mieux ce haras.
En 2020, 21 boucs ont été ramassés et seront vendus le 20 mai 2021. En 2021, 24 boucs ont été ramassés.
La nouvelle dynamique de sélection a permis de gagner 8 élevages au contrôle laitier, ce qui amène à 40 le nombre d’élevages suivis à travers la Corse durant la campagne 2020/2021. Pour la futur campagne 2021/2022, c’est 7 éleveurs de plus qui devraient intégrer le contrôle laitier officiel (ce qui permettra d’avoir davantage de boucs au haras).
Du fait du nouveau Règlement Zootechnique Européen (RZE), la création d’un organisme de sélection de la race caprine Corse, à l’instar de ce qui existe en race ovine, se fera dans les 2 ans.
Une étude génétique sur la caséine alpha s1 est en cours permettant de corréler un potentiel génétique et une qualité laitière exprimée. Elle est l’une des caséines influant sur le rendement fromager.
  • Programme de cryoconservation
La race caprine Corse a participé à un programme de cryoconservation national permettant de conserver le matériel génétique de la race dans le très long terme (plus de 100 ans). 2 boucs de sélection correspondants au standard ont été envoyé à Capgènes, à Poitiers, pour ce programme. Ils sont de retour à Altiani depuis février et seront vendus en mai 2021.
Cette année, 3 boucs seront envoyés à Capgènes pour pérenniser cette activité.
 

Le soutien commercial

  • Mise en place d’une IGP Cabri de lait Corse
La commercialisation des cabris connait aujourd’hui des difficultés. Une démarche de reconnaissance de ce produit sous IGP « Cabri de lait Corse - Caprettu di Corsica » a été engagée. En effet, les 2 chefs de projet de la filière caprine de l’ODARC ont débuté une série de mesures sur les cabris de Noël 2020 pour l’élaboration du cahier des charges. Un stagiaire de Master à l’Université de Corse a intégré l’ODARC pour travailler spécifiquement sur le sujet.
Voir aussi les démarches qualité en cours, dans la sous-rubrique développement, article La Corse terre de labels.
  • Promotion du fromage fermier et du cabri
Une campagne de promotion vient soutenir la filière pendant les moments clés de la commercialisation des cabris et des fromages fermiers.
  • Aides spécifiques Covid-19 à la filière ovine-caprine
L’ODARC a demandé aux laiteries d’étendre leur réseau de ramassage de lait aux exploitants concernés et a participé à l’organisation de cette collecte. Toutefois, une perte de valorisation pour les éleveurs demeurant, il a été mis en place un dispositif qui a permis d’augmenter le prix d’achat du lait par les laitiers. 56 éleveurs ont bénéficié de cette aide, pour un montant total de 269 000€.
Compte tenu de l’impossibilité d’envoyer les animaux en Sardaigne et de la fermeture des restaurants et fermes auberges, les éleveurs se sont retrouvés sans aucune possibilité d’écouler leurs produits mis à part un peu en boucherie et en GMS. Aussi, près de 200 000€ ont été débloqués par l’ODARC pour acheter 2079 agneaux et 352 cabris invendus qui ont été surgelés et distribués auprès des associations caritatives et du Crous de Corti pour nos étudiants.
Les difficultés à écouler la production de fromage frais et de brocciu ont impacté les trésoreries des exploitants, ce qui s’est répercuté sur l’alimentation des troupeaux. Afin que les exploitations redémarrent avec un cheptel en bon état corporel et sanitaire, l’ODARC a mis en place une campagne de réformes et a abondé le prix de vente pour 2150 animaux de 66 éleveurs, représentant un budget de 22 240€.
Suite aux difficultés rencontrées par les éleveurs pour écouler leurs cabris en décembre 2020 à cause de la crise Covid-19, l’ODARC a acheté une partie de leur production. Celle-ci a ensuite été redistribuée à des associations caritatives.
 
L’ODARC prévoit chaque année sur son budget une somme de 120 000 euros consacrée à ces différentes actions de soutien. On peut espérer redonner rapidement à la filière caprine et à ses acteurs les moyens d’envisager à nouveau l’avenir avec confiance et optimisme.
 

Projets à venir

  • Consolidation et augmentation du nombre de boucs au haras d’Altiani suite au nombre croissant d’éleveurs suivis en contrôle laitier.
  • Expérimentation sur le sevrage précoce des cabris.
  • Etude de la présence du CAEV sur les troupeaux du contrôle laitier.
  • Travail sur les critères de sélection des mères à boucs.
  • Expérimentation sur un protocole hormonal en vue de l’insémination artificielle.

Rédigé le Lundi 2 Juillet 2018 à 09:45 | modifié le Lundi 2 Juillet 2018





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