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Session de rentrée de l'Assemblée de Corse


Une rentrée chargée pour l'ODARC ce 29 septembre



Question orale

Abattage des porcins dans le Cismonte, question posée par le groupe Anvanzemu :

 

Réponse par le Président Dumenicu Livrelli

Merci Madame la Présidente,
Merci Madame/Monsieur le Conseiller/la Conseillère pour cette question.
 
L’intérêt de la Collectivité de Corse pour les filières d’élevage n’est plus à démontrer, particulièrement pour les problématiques liées à l’abattage. La filière porcine, comme les autres, a bénéficié d’un accompagnement tout particulier notamment dans le cadre de la crise COVID.

En effet, en décembre 2020, la CDC a décidé d’une mesure d soutien destinée à ces éleveurs, assurant la gratuité de tous les abattages, qu’ils aient été réalisés à la demande d’adhérents à la démarche AOP ou non, pour des animaux nés et élevés sur le territoire ou  importés vivants.

Compte tenu du fait que cette mesure s’arrêtait au 31 décembre, une majorité des animaux en AOP abattus plus tard, eu égard au cahier des charges du signe officiel et des contraintes de finition, n’avaient pas pu en bénéficier.

Attentifs à la demande des producteurs en AOP, l’ODARC a mis en place une aide spécifique pour la prise en compte des frais d’abattage pour ces éleveurs couvrant la période de janvier et février 2021.

Comme vous pouvez le constater, la Collectivité de Corse et l’ODARC sont plus que bienveillants quand il s’agit d’accompagner les éleveurs en difficultés.

Concernant la problématique abordée, le président du SMAC a rencontré l’ensemble des filières les jeudi 22 et vendredi 23 septembre.

L’inquiétude, légitime, a été levée en proposant un 3ème jour d’abattage au bénéfice des éleveurs porcins. En effet, des améliorations  techniques validées par les services vétérinaires vont permettre d’atteindre les objectifs afin de dégager une journée supplémentaire d’abattage.

Le délestage sur les autres abattoirs de Corse avait un temps été envisagé. Toutefois, à la suite des réserves émises par les éleveurs bovins, le président a continué d’explorer les dispositions en interne. Ainsi à l’issue du CSE du SMAC du mardi 27 septembre, les salariés ont accepté d’effectuer une journée de travail supplémentaire le samedi durant toute la période de pointe, cela afin de traiter les différentes espèces sur le site de Ponte-Leccia.

Cet accord permettra ainsi de répondre aux attentes et contraintes de toutes les filières, notamment l’abattage de 400 porcs par semaine du 15 novembre au 1er mars.

Le directeur de l’abattoir de Ponte-Leccia a également trouvé un accord avec le laboratoire d’analyse afin de faciliter le travail des éleveurs porcins qui pourront récupérer leurs carcasses en temps et en heure.

L’ensemble de ces engagements a été pris par le président du SMAC et ses équipes. Il devrait être validé en réunion de travail avec les différentes filières en début de semaine prochaine.

Il est toutefois utile de rappeler que lors de la construction de l’abattoir de Ponte-Leccia en 2005, un tel développement de la filière porcine n’avait pas été anticipé. Cependant, une série de travaux permettant d’apporter des solutions à court terme a été budgétisée.
 
En parallèle, le chantier du nouveau schéma territorial de l’abattage a été ouvert avec le lancement du marché de prestations intellectuelles lors du 2ème trimestre 2022 et ce, conformément au planning établi.
 
Les réponses sont en cours d’analyse et le marché sera attribué très prochainement, ouvrant ainsi la voie à la phase de co-construction de ce projet avec les partenaires concernés.
 
Je vous en remercie.
 

Question orale

Soutien aux agriculteurs en difficulté, question posée par le groupe Core in Fronte :

Réponse du Président Dumenicu Livrelli

Merci Madame la Présidente,
Merci Madame/Monsieur le Conseiller/la Conseillère pour cette question.
 
Comme vous le soulignez, le risque de forte déprise économique et sociale est avéré pour l’ensemble des filières d’élevage insulaire et particulièrement pour la filière ovine-caprine, avec la combinaison de facteurs qui se cumulent de façon inédite, tant par leur ampleur que par leur effet d’entrainement :
  • Surcoûts d’alimentation liés aux marchés des denrées mais également aux besoins des cheptels, accrus par la sécheresse actuelle.
  • Hausse des coûts des engrais et des carburants.
  • Baisse des rendements des fourrages/céréales, entrainant une trésorerie insuffisante pour assurer la remise en culture de surfaces fourragères (sécheresse et surcoût dû à l’augmentation des intrants).
 
Cette spirale est susceptible d’entraîner une diminution des cheptels et de la production, voire la faillite et la disparition des exploitations les plus fragiles.
 
Pour faire face à cette situation exceptionnelle, la Collectivité de Corse au travers de l’ODARC se mobilise pour tenter de trouver des solutions aux difficultés rencontrées et ce, en complément au plan de résilience porté par l’État.
 
En effet, il est utile de rappeler que l’ODARC ne maîtrise pas le plan de résilience et a, dès sa mise en place, alerté les services de l’État sur les difficultés que rencontreraient les éleveurs pour mobiliser les 3M€ de l’enveloppe dévolue à la Corse.
 
Malheureusement, cette crainte s’est avérée justifiée et seul un tiers de cette somme semble, à l’heure actuelle, pouvoir être réellement octroyée aux éleveurs corses.
 
En début de semaine, l’ODARC é réitéré sa demande auprès de l’État pour qu’une solution soit trouvée afin que les 2M€ restant puissent être utilisés dans le cadre d’un régime plus approprié et mieux adapté aux spécificités des exploitations insulaires.
                                                                                                                                                                               
En parallèle, l’ODARC a lancé en septembre un appel à projets « Cultures protéiques » visant à soutenir la réalisation de cultures fourragères comprenant majoritairement des légumineuses (luzerne, trèfles) susceptibles de fournir une alimentation riche en protéines aux cheptels.
 
Doté d’une enveloppe de plus d’1M€, ce dispositif permettra un soutien à hauteur de 60/70% des coûts (engrais, semences et travaux) pour les agriculteurs aînés et de 75% pour les JA.
 
De plus, l’ODARC a sollicité la Collectivité de Corse au travers de son budget supplémentaire pour qu’une enveloppe exceptionnelle de 2,5M€ puisse être allouée à l’Office dans le cadre d’une aide conjoncturelle de gestion de crise en direction des éleveurs particulièrement pour la filière ovine-caprine. Les modalités d’octroi de cette aide sont encore en cours de construction afin d’être réactifs, efficaces et pertinents dans son déploiement.
 
Enfin, le projet de pôle de compétences en filière fourrage-céréales de l’ODARC à Migliacciaru est en cours de développement. Le premier comité stratégique se teindra la semaine prochaine avec notamment le groupement de fourrage et de céréales de Corse, les Chambres d’agriculture et l’INRAE.
           
L’enjeu est de mener, sur ce site, des essais sur des variétés plus résistantes, plus résilientes, moins  dispendieuses en eu ainsi que des expérimentations sur la fertilisation et l’irrigation des cultures afin de développer une production plus durable et mieux adaptée au changement climatique.

Concernant la problématique des transports que vous soulignez, la règlementation très contraignante de la PAC ne prévoit pas d’accompagner l’introduction de matières premières  (notamment fourrage, céréales, aliments) à destination des producteurs primaires que sont les agriculteurs.

De plus, les règlements européens encadrant les aides d’Etat interdisent cet accompagnement. Une exception existe pour les régions ultrapériphériques, mais celle-ci ne peut s’appliquer à la Corse.
Il n’y a donc pas, à l’heure actuelle, de possibilités d’aide au transport dans ce domaine.
 
Néanmoins, l’ODARC, en lien étroit avec l’Office des Transport (de la Corse) et le Conseil Exécutif, s’emploie activement à faire modifier cette directive et sollicitera l’État dans le cadre du processus en cours pour infléchir la position de l’Union Européenne, en vue d’obtenir un statut dérogatoire pour les éleveurs Corses.

Toutefois, cette crise est aussi le révélateur de la fragilité de notre système d’élevage auquel nous nous efforçons d’apporter des solutions structurelles profondes que ce soit en termes de politique d’installation, de sécurisation foncière, de productivité, d’autonomie alimentaire et de formation.
 
Je vous en remercie.

Rédigé le Vendredi 30 Septembre 2022 à 10:05 | modifié le Vendredi 30 Septembre 2022





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